Tacna est une ville étape dans le sud du Pérou sur la route d'Arequipa. La seule nuit passée dans cette ville restera dans nos mémoires : de fortes secousses sismiques, pour nous inconnues à ce jour, nous ont fait déguerpir dans la rue en petite tenue. Par ses tremblements, la terre salua de bonne heure à sa manière l'anniversaire de Sonia.

Jusqu'à Arequipa  les déserts montagneux de sable, de rocaille et de sel qui nous accompagnent depuis San Pedro ne nous lâchent pas, excepté sur une dizaine de kilomètres où une pluie miraculeuse avait reverdi et refleuri le désert pour quelques temps.

Arequipa, appelée ville blanche à cause de ses bâtiments construits en sillar, roche volcanique blanche ou rosée,  nous a charmés par sa magnifique Plaza de Armas, ses volcans majestueux semblables à des gardiens et surtout, son incroyable monastère de Santa Catalina, véritable ville dans la ville dans laquelle des centaines de nonnes issues de familles aisées ont vécu durant plusieurs siècles dans le luxe et l'opulence, servies par des centaines d'esclaves noires. Bien que cela nous laisse songeurs, l'architecture en résultant, avec ses multiples échappées visuelles jouant avec la lumière et les couleurs ainsi que la sérénité et l'harmonie qui s'en dégagent nous ont procuré une sensation de plénitude.

Même si en son centre historique Aréquipa peut paraître une ville musée, ses quartiers alentours très animés à l'image de son marché extraordinaire et l'euphorie qui y régnait le soir de notre arrivée avant le début du match de foot de Pérou contre la Colombie en vue de la qualification pour le Mundial 2018, nous ont dévoilé une ville très vivante. Petite anecdote : au marché, on peut y acheter des grenouilles séchées pour certaines eaux de vie et même des fœtus de lama qu'on enterre pour garantir la bonne fortune et la protection.